Mon accouchement







Le 11 mai 2005 (jour de ma DPA)...






Avec papa nous t'attendons avec impatience...



D'ailleurs nous t'attendons depuis longtemps car je suis suivie de très près depuis 8 mois à cause d'une menace d'accouchement prématurée. Je fais partie de ces femmes qu'on appelle "utérus distilbène". Finalement tu fais un joli pied de nez à tout le monde. Et moi je profite de ces derniers instants avec toi dans mon ventre. Je suis tellement épanouie enceinte et les beaux jours sont enfin là... Le 11 mai, nous nous rendons donc à la maternité. On part à l'échographie. Tout va bien par contre le gynécologue nous confirme que tu feras tes 4 kgs...De retour dans son bureau, il m'ausculte et me dit que le col est vraiment bien fermé et que tu es toujours très très haute dans mon ventre.Il s'assoit juste à côté de moi. Il m'explique que les contractions pourraient arriver mais il a un doute. Tu as bien la tête en bas mais elle n'appuie pas sur le col. Il pourrait provoquer les contractions mais il a peur que ta tête ne passe pas vu ton poids et que tu n'arrives pas à descendre. Il ne voudrait pas nous faire subir 12 heures de travail pour finir en césarienne d'urgence.Alors il me demande si je suis prête à avoir une césarienne programmée. Je le sens angoissé quand il m'annonce cette nouvelle. Il me caresse la joue comme pour me consoler. Il a tellement peur que je le prenne mal. Bon c'est vrai qu'il sait que papy et mamy sont du métier... Il imagine sans doute que je rêve d'accoucher par voie basse. Mais non, je veux simplement que tu arrives dans ce monde de la meilleure façon possible.Et je pleure, non pas parce que je vais avoir une césarienne mais parce que je réalise que je vais enfin te rencontrer demain.Avec papa, nous faisons toutes les formalités administratives et retournons à la maison chercher ma valise. Mais papa ne peut pas me ramener à la maternité. Il a des patients et ne peut pas se libérer tout de suite. Il me laisse avec un gros pincement au cœur. Mais ce n'est pas grave, papy et mamy prennent le relais et nous repartons à la maternité.Et moi j'appelle tout le monde. Ca y est ! C'est le moment ! Demain tu seras là. Arrivée dans ma chambre, j'ai droit à un monitoring. Comme d'habitude, rien, pas l'ombre d'une contraction. Par contre, moi je me remplis des bruits de ton cœur. Tu ne le sais pas mais tu me berces. Je veux profiter de ces derniers instants. Puis papa revient. Nous sommes vraiment tout excités. Papa s'inquiète pour demain et a peur de ne pas être à l'heure. Il se décide donc à venir très tôt. La nuit arrive... La dernière avec toi dans mon ventre. Je ne dors pas. Je passe la nuit à te parler et à te caresser. Mon dieu, demain je vais être épuisée mais ce n'est pas grave. Je ne pense qu'à profiter de ces moments magiques seule avec toi.






Le 12 mai 2005 8h00 ...






Papa est déjà là. Moi je suis affamée...Puis on me prépare... Une bonne douche de bétadine et 2 comprimés plus tard, les infirmières viennent me coller un joli patch Emla dans le dos. 9h15... Le brancardier vient nous chercher. On traverse les étages et les couloirs et nous voilà au bloc opératoire.Il y a 2 césariennes avant moi. Alors on patiente. On prépare aussi papa qui va assister à ta naissance. Il est tout beau avec sa blouse, son masque, ses chaussures,...Et on pleure, on rigole, on se dit qu'on s'aime, qu'on t'aime. D'un coup j'ai peur, peur d'avoir mal, peur que tu n'ailles pas bien, peur tout simplement de te donner la vie et de ne pas être à la hauteur.Papa me rassure. 10h45... C'est long d'attendre... On me fait rentrer au bloc. Papa doit attendre dehors.I l y a du monde ici. Tout ces gens pour toi, pour que tout se passe bien. L'anesthésiste me fait une petite piqure anesthésiante pour que je ne sente pas la rachianesthésie qui va suivre. Et c'est miraculeux, je ne sens ni la piqure, ni la grosse aiguille. Je remercie intérieurement les progrès de la médecine.Et on m'installe. Il fait tellement froid dans cette pièce. J'ai l'impression de rêver... 11h15... On fait rentrer papa. Je suis tellement heureuse de le voir. Et puis d'un coup, je me sens partir, une infirmière me tient la main, me parle.J'ai à peine la force de parler mais elle voit que ma tension chute. J'ai droit au masque à oxygène. D'un coup, je recouvre mes esprits. J'ai eu peur ! Ce ne sont que les effets de l'anesthésie. Mais papa est là, juste à côté de moi. Le médecin hisse le champ au dessus de mon ventre et me dit qu'on va y aller. Je lui dis non je ne veux pas, je sens tout. Là je sais qu'on me frotte le ventre avec de la bétadine. Il me dit que c'est normal ! Je vais sentir mais je n'aurais pas mal. Je sers très fort la main de ton papa. Mon dieu, j'ai tellement peur,... Mais cette fois on y va. Et oui je sens mais je n'ai pas mal. Cette sensation est indescriptible ! Et puis ça y est on te sort ! Il est exactement 11h28 ! Je sens qu'on t'enlève de mon ventre ! C'est impressionnant, j'ai l'impression que je respire d'un coup ! Je ne suis plus oppressée ! Et là le docteur te hisse à travers le champ. Une sage-femme nous dit que tu as beaucoup de cheveux. Tu es une jolie petite fille ! Toi tu t'en fiches de ce qu'on dit, tu pleures !Papa et moi aussi d'ailleurs. Nous sommes en larmes, tous les deux effondrés de bonheur ! Tu t'appelles Maëlys jolie princesse ! Là on t'amène vers moi pour que je puisse te voir et t'embrasser. Je peux te toucher...Tu es tellement belle. Tu pleures, mais tu es magnifique. Je colle mon visage contre le tien et je m'emplis de ton odeur ! Juste d'écrire ces mots, les effluves de ton parfum me reviennent! Je dépose un baiser sur ta joue mais il faut que tu partes. Je t'aime mon bébé. Puis papa me dit que tu es en train de lui faire pipi dessus. On ne réalise pas. Par contre toi, tu inaugures ton territoire. Bon il faut me recoudre et toi il faut qu'on te fasse les soins.Je ne peux pas t'accompagner mais papa est là près de toi. J'ai confiance. Tout va bien se passer. Pendant qu'il me recoud, le médecin me parle. Tout va bien. Tout s'est bien passé. Moi je m'en fiche, je veux te voir. Ces moments sans toi et papa me paraissent sans fin... Puis à travers la vitre de la salle de réveil, papa me fait signe que tout va bien. Je sais que tu pèses 3,960 kgs ! Je m'effondre à nouveau. Je suis tellement heureuse mais perdue sans toi et papa. Je ne réalise pas que tu es là ! Et il faut que je patiente encore pour te voir. J'ai une horloge au dessus de la tête. Chaque seconde me paraît être éternelle... De retour dans la chambre, papa est là ! Tu es dans ses bras toute belle! Là il te dit, "Vient on va voir maman". Je pleure à nouveau. Oui je suis maman ! Je réalise enfin ! Nous sommes une famille. Papa te glisse dans mes bras. Tu es tellement sereine, tu ne pleures pas. Là j'ai droit à un peau à peau de 2 heures juste toi et moi, ton petit corps contre le mien. Je suis imprégnée à jamais de ces moments. Ma fille, Maëlys, mon amour, merci ! Merci d'avoir fait de moi une femme. Merci d'avoir fait de moi une mère ! Merci pour ces 9 mois de grossesse magique. Merci de me donner ton amour, de me donner tes câlins, tes sourires, tes joies, tes peines... Tu n'étais pas pressée de venir au monde jolie princesse mais déjà tu remplis notre vie d'un bonheur immense Je t'aime de tout mon cœur!






Ta maman






Maëlys née le 12 Mai 2005 à 11h28 (3,960 kgs – 52 cms)